Le modalisme (ou sabellianisme) est un vocable moderne qui désigne, dans le cadre du christianisme ancien, une forme d'unitarisme monarchien, enseigné par Sabellius, un personnage originaire de Libye, installé à Rome au début du . Selon le modalisme, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents « modes » ou aspects de l'Être divin, plutôt que trois « hypostases » ou personnes distinctes. Ainsi, pour le modalisme, les Trois ne sont pas en soi mais pour nous. Le modalisme a été considéré par les conciles comme une hérésie au même titre que son inverse qui est le trithéisme. Cette théorie est enseignée par Sabellius à Rome au début du . Hippolyte de Rome a connu Sabellius personnellement et mentionne son nom et sa doctrine dans son « ». Il connaissait bien la théologie trinitaire de Sabellius, mais c’est le patripassianisme de Noët , et non le courant de pensée de Sabellius. La pensée de Sabellius se répand essentiellement en Cyrénaïque, ce qui conduit Démétrios, patriarche d’Alexandrie, à écrire des lettres pour la réfuter. Elle a été refusée lors d'un concile à Rome en 262. C’est cependant Tertullien qui est le principal opposant au modalisme, qu’il appelle patripassianisme, d’après les mots latins patris (père) et passus (pour souffrance), car le modalisme implique que le Père a souffert sur la Croix. Le modalisme reste mal connu : les seules sources sur cette croyance sont écrites par ses adversaires. Au lieu d'utiliser le terme de personne pour parler du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans l'unique essence divine de la Trinité, le modalisme entend les restreindre à trois modes de l'être unique de l'unique Dieu. Dieu le Père est alors l’unique personnalité de la divinité. Selon cette doctrine, les termes Père et Saint-Esprit désignent le Dieu unique, incarné dans Jésus. La théologie orthodoxe insiste davantage sur les personnes (prosopon) et leurs relations entre elles, qui les constituent. On peut consulter à ce propos le fameux symbole d'Athanase.