Une république bananière est un pays peu développé, dont l'économie repose typiquement sur la seule production de bananes, et dirigé par une ploutocratie autoritaire mise en place, aidée ou soutenue par des grandes multinationales de l'agroalimentaire, la principale étant la United Fruit Company. Par extension, l'expression est utilisée pour qualifier, de manière polémique ou satirique, toute forme de régime politique considérée comme autoritaire, dictatorial ou corrompu et qui doit son existence aux services qu'il offre aux multinationales d'un pays riche, voire toute accusation de corruption ou de dysfonctionnement politique. L'expression apparaît dans un sens politique en 1904 sous la plume de l'écrivain américain O. Henry, qui vit alors au Honduras, en s'inspirant de l'entreprise américaine United Fruit Company. Il décrit le Honduras comme (en anglais ). La United Fruit Company corrompait les gouvernements des pays d'Amérique latine, limitant la redistribution des terres et s'assurant ainsi l'acquisition de celles qui l'intéressaient pour cultiver les fruits exotiques dont la banane. Sam Zemurray, le président de United Fruit, le reconnaissait volontiers : « Au Honduras, il est moins cher d’acheter un député qu’une mule ! ». En 1928, lors du massacre des bananeraies, l'entreprise fait ouvrir le feu sur des travailleurs grévistes à Ciénaga en Colombie. En 1954, la firme appuie la CIA au Guatemala pour renverser par un coup d'État Jacobo Arbenz qui plaidait pour la redistribution des terres, ce qui aurait nui aux intérêts commerciaux de l'entreprise. Dès cette époque, la United Fruit Company, grand producteur américain de bananes, finança et ordonna pendant environ 50 ans des coups d'État en Amérique centrale pour mieux conduire ses activités. Parmi les pays où la United Fruit Company était implantée, notons Cuba, la Colombie, le Costa Rica, le Honduras et le Panama. vignette|Drapeau satirique dénonçant l'hypocrisie des commissaires européens négociateurs de l'Accord commercial anticontrefaçon.