La grande maniera (ou Grand manner, Grand Style, maniera magnifica, grande manière) est un terme d'esthétique associé au peintre français Nicolas Poussin, qui, au cours des années 1640, définit sa façon de peindre. Selon lui, la peinture devait faire appel aux facultés intellectuelles et montrer les plus nobles actions humaines reposant sur les principes de raison et d'ordre. Cette locution italienne, attachée à la hiérarchie des genres, et au développement à la fois du classicisme, de la peinture baroque puis du néo-classicisme, allait s'épanouir notamment au travers du romantisme britannique en Angleterre, au cours du . vignette| Nicolas Poussin : Le Massacre des Innocents exécutée à Rome entre 1625 et 1632, une toile qui commence à marquer sa rupture avec le maniérisme (musée Condé). Nicolas Poussin vit principalement à Rome à partir de 1624. Il fréquente un milieu très international avec des artistes aussi bien français que flamands, lorrains et allemands. Il rejette totalement le caravagisme. Sa renommée ne cesse alors de grandir. C'est justement pour marquer sa rupture avec le maniérisme qui prédomine dans l'art français jusqu'au début du qu'il va formaliser sa propre approche de la peinture, au début des années 1640. Dans une lettre qu'il adresse le à Paul Fréart de Chantelou qu'il avait connu à Rome, Poussin explique sa « théorie des modes », à partir de la théorie classique chez les Grecs pour qui la musique est capable d'exprimer différentes émotions, que l'on peut lire un tableau, que le tableau est le texte d'une histoire, dont les caractères (l'écriture) sont les signes à la fois formels et expressifs. Les « signes formels » sont la disposition ou la distribution dans l'espace de représentation ; les « signes expressifs » sont les expressions, gestes, regards, mouvements, qui sont les signes exacts des affects.