vignette|Un savant musulman, photographié vers 1860 dans l'est du Bengale. Un ouléma ou uléma (de l'arabe علماءʿ ʿulamā’, pluriel de عالم ʿālim) est un théologien de l'islam. Il n'est pas l'équivalent d'islamologue. Dans le monde chiite duodécimain, on parle plutôt de hodjatoleslam. L'ouléma est un théologien effectuant des recherches dans le domaine coranique et de la tradition prophétique (sunna), mais son savoir peut aller bien au-delà de la connaissance théologique. Généralement indépendant du pouvoir séculier, il est le gardien de la tradition musulmane et un homme de référence. Dans les pays dont la langue a une influence perse (Iran, Afghanistan, sous-continent indien, Turquie), ainsi que dans les communautés chiites (mais pas seulement), on parle plutôt de « hodjatoleslam », pour des fonctions analogues. En arabe, le mot ʿālim (عالِم) signifie « savant », son pluriel est ʿulamā’ (عُلَماء). Le ʿālim est « celui qui détient la science » (ʿilm), mot de la racine ع ل م qui donne le verbe « ʿalima », « savoir », « connaître ». Le mot français « ouléma » (« oulémas » au pluriel), bien que singulier, est donc issu du pluriel arabe, comme c'est le cas, par exemple, pour « moudjahidine ». Le terme « ouléma » (ou « uléma ») apparaît pour la première fois dans la langue française en 1765, dans l'Encyclopédie de Diderot, par l'intermédiaire du turc « ulema », lui-même emprunté à l'arabe « ʿulamā’ », et il est accepté en français depuis 1835. La racine ع ل م donne aussi le terme « al-'Alīm » (العليم), qui, dans le Coran, s'applique à Allah et se traduit couramment par « l'Omniscient ». Ce qualificatif est l'un de de Dieu. Toutefois, la graphie de ʿalīm n'est pas la même que celle de ʿālim, il s'agit donc de deux mots différents. Mufti Dans chaque État issu de l'ancien Empire ottoman, le pouvoir nomme un grand mufti, plus haute autorité religieuse du pays. En général, le mufti devait passer devant un comité d'oulémas, afin d'évaluer sa maîtrise des sciences islamiques.