L’histoire de la profession d'infirmier et d'infirmière montre comment cette profession s'est forgée au cours du temps, souvent de façon empirique, autour de la religion ou d'étapes maîtresses comme les guerres, les besoins évolutifs de la société en matière de santé, de soins de santé mais encore autour de réflexions humanistes, de la prise en compte des besoins sociaux et de l'étude de la psychosociologie. La profession d'infirmière et d'infirmier et les soins infirmiers ont évolué avec l'histoire de la médecine et la philosophie des sciences. L'évolution de la profession, largement féminisée au cours des époques, est concomitante du mouvement féministe et de l'histoire des femmes dans le domaine des sciences. Au Moyen Âge pour s'occuper des lépreux, on mettait d'office à contribution des prostituées et divers « pseudos » soignants. Depuis le , les évêques favorisent la création des maisons de malades, de vieillards. Après les grandes épidémies, la fonction soignante est repérée et organisée dans la société avec l’apparition du mot « enfermier » en 1398, lui-même dérivé du mot « enfermerie ». Les ordres religieux organisèrent la profession à partir du , selon des critères en lien avec la charité et l'amour de Dieu : le soin est alors bénévole, et n'a qu'une valeur culturelle. Celle ou celui qui le pratique est prise en charge par la structure religieuse : par exemple les religieuses de l'Hôtel-Dieu, les nobles soignant dans les fondations hospitalières, certains frères et sœurs se déplacent à domicile. En 1854-1856, les premiers infirmiers et infirmières sont des volontaires pendant la guerre de Crimée menées par Florence Nightingale. Le mouvement de laïcisation amorcé en 1878 voit la disparition progressive des religieuses dans les hôpitaux où bientôt elles n'occupent généralement plus que les postes d'encadrement. Il faudra attendre l'émergence d'infirmières et infirmiers laïques et la Première Guerre mondiale pour que se mette définitivement en place un nouveau groupe social.