L’émanatisme, ou doctrine de l’émanation, est une théorie métaphysique selon laquelle toute chose du monde, y compris les âmes humaines, découle, émane (selon l'étymologie latine emanare), d'un principe ou d'une réalité première, « l'Un », d'une manière médiate ou non. Le Dictionnaire des concepts philosophiques définit l'émanation en question comme un . Émile Bréhier, historien de la philosophie, préfère quant à lui utiliser le terme de procession à celui d'émanation pour qualifier cette forme d'engendrement. L'émanatisme, sous des formes différentes, caractérise certains systèmes cosmologiques ou cosmogoniques religieux, tels que ceux du néoplatonisme, de la cabbale, de la gnose, de Teilhard de Chardin ou philosophiques comme ceux de Fichte, Schelling ou Bergson. Les visions des mystiques allemands, Maître Eckhart et Jakob Böhme peuvent y être rattachées. Sur le plan théologique, l'émanatisme rejette l'idée de création sortie du néant : ce n'est plus par un acte de sa volonté libre que Dieu a produit le monde, mais en le faisant sortir de sa propre substance inépuisable. Tous les êtres ne sont dès lors qu'un écoulement ou une expansion de l'essence divine, qui s'étend et se développe par de successives émanations. L'émanatisme se distingue ainsi de l'idée de création ex nihilo, selon laquelle le monde est l'œuvre d'une entité divine séparée du monde, et s'oppose au matérialisme. Le fait que l'existence des « choses » puisse procéder d'une émanation divine pourrait amener à la conclusion qu'il n'y a pas de différence de nature entre Dieu et la création. Cette thèse conduit à voir dans l'émanatisme un des fondements historiques du panthéisme. L'origine de la pensée de l'émanation est ordinairement attribuée aux néo-platoniciens Plotin et Proclus, reprise et amplifiée par leurs successeurs, dont Avicenne et Sohrawardi qui en furent les plus illustres représentants dans le monde musulman. Dans l'histoire de la philosophie on donne comme premier maître et premier représentant de cette doctrine Pythagore, 580 av. J.