En chimie inorganique, un arséniate est un sel d'acide arsénique , contenant l'ion arséniate , de façon analogue aux phosphates par rapport à l'acide phosphorique . C'est un poison violent pour les êtres vivants, en bloquant notamment la formation d'ATP par la glycolyse. C'est la forme la plus fréquente de l'arsenic dans le sol. Confondu avec les phosphates qui sont un nutriment des plantes, il peut pénétrer les racines et contaminer les végétaux. Mais plusieurs espèces ou souches de plantes y ont développé une certaine résistance, dont la Houlque laineuse, ou encore Deschampsia cespitosa (L.) Beauv et Agrostis capillaris. Les arséniates sont des minéraux rares, toxiques sous certaines formes (certains contiennent de plus du plomb outre l'arsenic qu'ils contiennent tous). On les trouve surtout dans la zone d'oxydation des gisements métallifères. Ils s'y forment aux dépens des sulfures, sulfo-arséniures et des arséniures. On en compte une vingtaine d'espèces. La forme générale est avec d'autres éléments pour compenser les trois charges négatives. Exemples : adamite : Zn2OHAsO4 ; aerugite : Ni6(AsO4)2AsO6 ; bayldonite : PbCu3(AsO4)2(OH)2H2O ; cornubite : Cu5(AsO4)2(OH)4·H2O ; euchroïte (ou arséniate de cuivre hydraté) : Cu2(AsO4)(OH)·3H2O ; scorodite : Fe(AsO4)·2H2O ; krautite : Mn(AsO3OH)·H2O ; olivénite : Cu2(AsO4)(OH). Le potentiel redox standard du couple As(III)/As(V) est de +560 mV, ce qui fait que dans les conditions réductrices du cytoplasme, les ions arséniates sont progressivement convertis en arsénite. L'arsénite réagit fortement avec les fonctions thiols. Ceci conduit à l'inactivation de l'acide lipoïque qui est le cofacteur de la pyruvate déshydrogénase et de la 2-oxoglutarate déshydrogénase impliquées dans le cycle de Krebs. Un grand nombre d'enzymes contenant des cystéines dans leur site actif sont également inhibées irréversiblement en présence d'arsénite. C'est le principal mécanisme de toxicité cellulaire de l'arsenic.