Le refroidissement climatique observé au cours des deux années 535 et 536 dans l'hémisphère nord est un événement climatique majeur des deux derniers millénaires. Bien qu'il n'ait été que de brève durée (environ deux ans), il s'est accompagné de bouleversements durables. Une cause possible en est un voile de poussière provoqué par une éruption volcanique sous les tropiques, possiblement attribuée au Krakatoa ou à l'Ilopango ; une autre, l'impact de débris d'objets sidéraux. Parmi les multiples effets, des perturbations climatiques (baisse des températures moyennes d’été en Europe de fortement corrélé à l’irruption de Yersinia pestis, dite « peste de Justinien »), des récoltes désastreuses et des famines dans le monde entier. Des recherches récentes lient la déstabilisation des empires sassanide et byzantin à un refroidissement du climat mondial causé par plusieurs explosions volcaniques très importantes, qui toucha aussi l'Europe jusqu'au Groenland. Écrivant sur les guerres avec les Vandales, l'historien byzantin Procope de Césarée dit à propos de l'an 536 : Les annales irlandaises gaéliques enregistrent ce qui suit : « manque de pain dans l'année 536 » (Annales d'Ulster) ; « manque de pain dans les années 536-539 » (Annales d'Inisfallen). D'autres sources contemporaines indépendantes rapportent : des températures basses, et même de la neige en été (il aurait neigé en Chine au mois d'août) ; l'empereur du Japon Senka-Tennō (536-539) publie un édit insistant sur l'importance de la nourriture par rapport à l'or, précisant que ne peuvent soulager celui qui souffre du froid ; l'absence de récoltes ; « un brouillard dense et sec » au Moyen-Orient, en Chine et en Europe ; une sècheresse au Pérou, affectant les populations de culture Moche. L'analyse des troncs d'arbres par le dendrochronologiste Mike Baillie, de l'Université Queen's de Belfast, montre une croissance anormalement faible des chênes irlandais en 536 et une autre diminution sensible en l'an 542, après un rétablissement partiel.