Une libation est un rituel religieux consistant en la présentation d'une boisson en offrande à un dieu, ou toute personne que l'on veut honorer, en renversant quelques gouttes sur le sol ou sur un autel. Les liquides offerts en libations étaient variés, le plus souvent du vin, du lait ou de l'huile d'olive. C'est une forme de sacrifice. Il fut très pratiqué dans les religions de l'Antiquité. La libation est l’action de verser (en latin libare, en grec leibein, en sanscrit labla, « verser, jeter, lancer ») un liquide devant une personne ou un objet sacré (statue, autel), Il se distingue de la lustration, qui est l’action de verser (ou asperger) le liquide sur la personne ou sur l’objet, dans un but de purification. La Bible évoque la libation à plusieurs reprises. Un holocauste est toujours accompagné d'une libation de vin. Dans l'Ancienne Égypte, ces rites avaient pris une connotation très complexe : aucun peuple de l’Antiquité ne leur a accordé autant d’importance. La libation est associée au culte d’Osiris, qui était à l’origine une divinité agraire : il représente le grain (ou toute plante) qui renait périodiquement sous l’action de l’humidité ; l’irrigation annuelle des terres par les crues du Nil lui donnait un sens cosmologique. Par la suite, Osiris étant devenu le dieu des morts, libations et lustrations étaient censées rendre à la momie du Pharaon (et plus tard, de tous les défunts) ses fluides vitaux afin de pouvoir renaître dans l'au-delà. Le matériel primitif se composait d'une verseuse et d'une cuvette ; il s'est ensuite considérablement enrichi. En Grèce antique, la libation (spondè) est accompagnée d'une prière ou d'un vœu. Elle peut être accomplie à tout moment de la journée, pour invoquer la bienveillance divine. Lors des banquets, elle clôt le dîner ( / deĩpnon) et débute la beuverie ( / pótos). Théophraste la décrit comme un « toast en l'honneur du bon démon ». Dans sa Lettre aux Romains, Ignace d'Antioche compare le martyre des chrétiens à une libation.