thumb|Christine de Pisan, auteur de chants royaux. Le chant royal est une ancienne pièce de poésie française inventée au et cultivée avec ferveur jusqu’au . Rejeté avec le lai, la ballade et le rondeau par les poètes de la Pléiade, au profit des odes et des sonnets, le chant royal survécut jusqu'à la Révolution dans les concours (puys ou palinods) de poésie d'Amiens, Rouen, Caen, Toulouse. Le chant royal fut décrit par Théodore de Banville dans son Petit traité de poésie française, ce qui provoqua un certain engouement pour la forme dans la deuxième moitié du . Le chant royal tient son nom de ses premiers thèmes : il était à ses débuts utilisé pour la louange des membres de la famille royale ou de héros légendaires. Il fut également souvent employé pour louer la Vierge Marie dans les palinods tels que ceux de Rouen, Caen, Dieppe : ceci explique le refrain en vers féminin, en son honneur. La composition d'un chant royal se présente sous forme d'une grande allégorie dont l'explication est donnée dans l'envoi. D'autres thèmes furent ensuite traités dans cette forme : Eustache Deschamps dépeint, dans sa Chanson Royale, des animaux se plaignant d’être tondus de trop près par un barbier (représentant les percepteurs royaux). Réduits à la misère, les animaux errent en répétant ce refrain : « Pour ce vous pri, gardez-vous des barbiers. » Il s’agit d’un poème à forme fixe, proche de la ballade mais d’une longueur plus importante : le vers utilisé est le décasyllabe (césure entre les quatrième et cinquième syllabes) ; il commence par cinq strophes de onze vers suivant le schéma de rimes A-B-A-B-C-C-D-D-E-D-E (selon Théodore de Banville) ; le onzième vers fait office de refrain, il est repris à la fin de chacune des cinq strophes ; le refrain doit avoir une rime féminine (en l'honneur de la Vierge Marie) ; il se clôt par un sixième couplet, un quintil suivant le schéma de rimes D-D-E-D-E ; il peut parfois s’agir d'un septain suivant le schéma C-C-D-D-E-D-E ; ce sixième couplet, dénommé envoi, commence par une interpellation à la personne à laquelle est dédié le poème : Prince, le plus souvent, le Prince du puy étant le gagnant du puy de l'année précédente présidant le puy en cours ; le refrain des strophes est également repris en dernier vers de l'envoi ; si l'alternance des rimes féminines et masculines doit être respectée à l'intérieur de chaque strophe, elle ne peut l'être aux changements de strophes.