Les Musulmans sont, en Yougoslavie et dans les pays qui en sont issus, l'une des nationalités de Slaves du Sud de tradition musulmane. Avant 1971, en Yougoslavie, s'il existait officiellement les nationalités croate, macédonienne, monténégrine, serbe et slovène, la nationalité bosniaque n'avait pas de reconnaissance officielle. Ainsi, la Bosnie était de jure peuplée en majorité de Serbes et de Croates, les Slaves musulmans étant alors uniquement considérés comme des Croates ou des Serbes ayant la particularité d'être de religion musulmane. Les Bosniaques n'avaient alors pas le statut de peuple constitutif, malgré la volonté des membres musulmans de la direction bosniaque de la Ligue des communistes de Yougoslavie. Cependant, sous la pression de ces derniers, la constitution yougoslave est amendée en 1971, afin de reconnaître l'existence des « Musulmans » en tant que nation à part entière. Ce fait vaut à Tito les remerciements de la Ligue islamique mondiale (ainsi que de l'aide financière), par la bouche du roi d'Arabie en visite à Sarajevo : . On écrit ainsi « Musulman » en français pour désigner tout habitant de l'espace ex-yougoslave déclarant appartenir à cette nationalité, là où « musulman » désigne tout individu de religion musulmane. Toutefois, aujourd'hui, la majorité de ces Slaves musulmans se déclarent de nationalité bosniaque. En 1463, lorsque les Ottomans conquièrent le Royaume de Bosnie, les habitants du pays se partagent entre catholiques, orthodoxes et membres de l'Église bosnienne. Si l'on a longtemps supposé un lien entre cette dernière et le courant religieux des Bogomiles, ce lien n'est prouvé par aucune source écrite. Toutefois, le cas de la Bosnie est particulier dans la mesure où la proportion d'habitants qui se convertissent à l'islam, au cours du siècle qui suit la conquête ottomane, y est beaucoup plus important que dans le reste des Balkans.