Abū-Muḥammad Muṣliḥ al-Dīn bin Abdallāh Shīrāzī (en ابومحمد مصلحالدین بن عبدالله شیرازی), mieux connu en Occident sous le nom de Saadi (\sɑ.di) ou Sadi (en سعدی), né à une date incertaine, possiblement vers 1210, et mort probablement en 1291 ou 1292, est l'un des plus grands poètes et conteurs persans. Il est l'auteur du Golestan (« Jardin de roses »), du Boustan (« Jardin de fruits ») et du Livre des conseils, mais aussi de poèmes lyriques. Il est reconnu comme moraliste et pour son style, dont la clarté et la simplicité ont favorisé la traduction et la diffusion de son œuvre au-delà de son pays natal. L'époque que connaît Saadi est mouvementée : le califat abbasside s'effondre, la Perse est envahie par les Mongols, Bagdad est mise à sac en 1258. Des souverains prennent leur indépendance. La province du Fars est dominée par les atabegs salghurides, qui s'émancipent de la tutelle seljouqide et résistent un temps à la domination mongole. Le premier atabeg de la dynastie prend le pouvoir en 1148 et fait de Chiraz sa capitale. Saadi serait né sous le règne du troisième atabeg de la dynastie salghuride, Mouzaffar ed Din Toukla ou Tekla, monté sur le trône en 1175 ou 1178. Son règne est agité : il doit faire face aux attaques de l'atabeg d'Azerbaïdjan puis à une révolte menée par un cousin. À sa mort, Saʿd I (Abou Chouja Saʿd) s'engage dans une guerre de succession contre Ṭoḡrel ibn Sonqor qui lui conteste le pouvoir. Pendant son absence lors d'une campagne militaire, Chiraz est brièvement occupée et mise à sac. Lors d'une bataille contre le Khwarezm, il est fait prisonnier. Il meurt probablement en 1226, son fils lui succède. Ce dernier est celui des atabegs du Fars qui règne le plus durablement. Il se soumet à l'autorité mongole et reçoit le titre de Qutluḡ Khan. Le Fars connaît alors un épisode de paix. Le petit-fils de Gengis Khan Hūlāgū Khan progresse en Perse ; en gage de soumission, Abu Bakr lui envoie son fils Saʿd comme otage. Il meurt en 1260. Sa mort coïncide avec le début du déclin de la dynastie.