Soma est un mot sanskrit (सोम) qui désigne dans le védisme une plante et un breuvage rituel. Ce mot est construit sur la racine SU- qui signifie « presser, pressurer, écraser pour extraire un suc », et le suffixe -ma par lequel se construisent des noms d'action. À son origine le soma a été placé « sur la montagne » par Varuna, ordonnanceur de la Terre, et consommé par Indra, pour faire de lui le roi des dieux (dans le panthéon hindou) et lui permettre de vaincre Vritra, un dragon retenant les Eaux, empêchant ainsi de poursuivre la création du monde. Il était censé donner l'immortalité aux dieux du panthéon hindou. Cette boisson est passée dans la culture humaine à travers ses prêtres. Ainsi, le soma est devenu le « pressurage » par lequel, dans le rituel védique, les brahmanes officiants extrayaient le suc des racines d'une plante spécifique. Dans ce pressurage, dans ce soma, se manifestent les puissances qui agissent afin que la lignée des vivants connaisse l'immortalité (amrta). Soma est devenu l'amrita boisson proche de l'ambroisie de la mythologie grecque et qui se retrouve même dans le sikhisme. Le mot soma peut ainsi désigner une plante, ses racines, le suc rituellement extrait de ces racines, la libation offerte et aussi la lune. Cent-vingt bénédictions (sûktas) de la Rigveda-samhita mentionnent le Soma. La puissance Soma n'est pourtant directement invoquée que dans les sûktas prononcées au cours des rites de purification du suc sacré en lequel se manifeste cette puissance vitalisante très importante dans le paradigme védique. Les relations entre cette boisson et les dieux Indra, et Agni sont remarquables. Toutes les puissances vitales du monde descendent des hauteurs du ciel, portées par un oiseau qui les déposent, au sommet de hautes montagnes, dans une plante aux vertus tonifiantes. Ainsi, à son origine, le soma vient du'une plante céleste. Aigle ou faucon pour son transport, qu'importe, car ce qui peut paraître mythologique au premier regard n'est que l'expression imagée de la valeur de la Vie, supérieure (car elle se pose au sommet de hauts monts), voire suprême (car descendue des hauteurs du ciel).