Le fichage des populations consiste à recueillir et à conserver des renseignements sur des personnes à des fins administratives, de surveillance ou d'identification. Les États, les entreprises et plus généralement les organisations sociales pratiquent, en fonction de leurs besoins et volontés politiques, le fichage des populations, des employés, des clients, des minorités, des délinquants, des terroristes ou autres catégories sociales. Le fichage ADN ou le fichage ethnique en sont des exemples. Le développement du fichage des populations découle de l'évolution des contextes politique et économique, de l'amélioration des techniques de fichage, du papier à la photo, à la biométrie, jusqu'aux fichiers génétiques, en passant par la mécanographie et les bases de données pour leur classement, et enfin des transformations du contexte informationnel. Laurent Lopez, dans sa lecture du livre dirigé par Gérard Noiriel, L'identification. Genèse d'un travail d’État, distingue trois fonctions politiques à l'identification des personnes : connaître et reconnaître, surveiller et contrôler, stigmatiser et réprimer. La première fonction est la plus ancienne, on en trouve déjà les prémisses, par exemple, dans la Rome antique. Elle a donné lieu au développement des services d'état-civil pour repérer les citoyens d'une nation donnée. A cette fin, les États ont installé des systèmes de numéros d'identification nationaux. Elle s'est aussi précisée avec les nécessités de gestion des prestations de l’État-providence, notamment les assurances sociales qui supposent un suivi des individus. La deuxième fonction, surveiller et contrôler, a fait depuis longtemps, et fait toujours, l'objet de nombreux débats, comme en témoigne le livre d'Armand Mattelart et André Vitalis, Le profilage des populations. Du livret ouvrier au cybercontrôle, les fichiers se sont multipliés dans les administrations et dans certains secteurs économiques (assurances, banques). Les débats concernent principalement la protection de la vie privée et la sécurité sur le thème de la surveillance.
Chen Zhang, Chao Wang, Qiang Wang, Lei Xie