vignette|redresse=1.2|Carte des pays situés (1855). vignette|redresse=1.2|L'Asie occidentale en 1860 : Turquie, Arabie, Perse, Turkestan, Afghanistan et Balouchistan. vignette|redresse=1.2|Le Raj en 1909. Le Grand Jeu est la rivalité coloniale et diplomatique entre la Russie et le Royaume-Uni en Asie au , qui a amené entre autres à la création des frontières de l'actuel Afghanistan, avec le corridor du Wakhan, comme État tampon. Ces luttes d'influence ont opposé l'Empire russe et l'Empire britannique entre 1813 et la convention anglo-russe de 1907. L'Asie centrale était alors un « ventre mou » encore indépendant des puissances coloniales. L’expression Great Game, attribuée à l'officier britannique Arthur Conolly (qui l'utilise dans une correspondance en 1840), apparaît notamment dans le roman Kim, publié en 1901 par Rudyard Kipling. Les spécialistes de la géopolitique actuelle qualifient parfois de « Nouveau Grand Jeu » la domination de l'Eurasie, condition nécessaire à la suprématie mondiale. Les acteurs de cette lutte guerrière, diplomatique et énergétique sont principalement les États-Unis, la Russie et la Chine. Même si le terme de « Grand Jeu » est popularisé par le roman Kim publié en 1901, les stratégies géopolitiques qu'il désigne existaient bien avant . L'expression apparaît en 1857 dans l'ouvrage History of War in Afghanistan de John William Kaye, un officier britannique de l'armée des Indes. Kaye aurait emprunté cette formule à l'explorateur, écrivain et officier de renseignement britannique Arthur Conolly, un capitaine du régiment de cavalerie légère du Bengale, au service de la Compagnie britannique des Indes orientales (BEIC), qui fut l’un des premiers à franchir les passes montagneuses entre l'Inde et l'Afghanistan lors d’une reconnaissance pour finir décapité par l'émir de Boukhara. Pierre de Russie est le premier tsar qui tenta d'accéder directement aux ressources minières de l'Asie centrale, notamment celles situées près des rives de l'Oxus (Amou-Daria) et connues dès l'Antiquité (par exemple pour le lapis-lazuli).
Sylvain Calinon, Emmanuel Pignat, Hakan Girgin, Noémie Laure Gwendoline Jaquier