Le sandai sōron (三代相論), ou « différenciation de la troisième génération différenciation », est un schisme majeur dans l'histoire de la branche Sōtō du bouddhisme zen, à propos de l'orthodoxie et de la succession de son fondateur, Dôgen à la troisième génération. Les grandes personnalités impliquées sont Jakuen, Gikai, Gien et Giin, chacun d'entre eux revendiquant le droit de succéder à Dôgen et de servir comme abbé du Eihei-ji. Cependant, l'histoire du sōron n'apparaît que 150 ans après qu'il aurait eu lieu, ce qui laisse planer le doute sur son authenticité. Il semble en effet s'agir d'une histoire inventée afin d'expliquer comment la lignée de Jakuen a finalement pris le contrôle du Eihei-ji. L'obscur terme sōron (相論, traduction du sanskrit laksana) peut être un euphémisme pour désigner le schisme de la troisième génération. Dōgen, fondateur de l'école sōtō, nomme Koun Ejō pour lui succéder. Ejō donner la transmission du dharma à quatre moines, sans nommer de successeur clair à la tête de l'école. Ces moines qui ont reçu la transmission du dharma de Koun Ejō protestent tous les quatre leur amitié pour Dōgen et Ejō, tout en faisant preuve à des niveaux différent d'honnêteté et de respect des principes du sōtō, qu'ils interprétent de différentes façons. Trois d'entre eux vont quitter l'Eihei-ji. Il est clair que Jakuen part de lui-même. Ses moines, d'abord restés en arrière, contribuent peut-être à la fragmentation de la ligne de Jakuen. Giin et Gikai quittent également le temple, mais dans des circonstances troubles, et avec plus d'adeptes que Jakuen ou Gien. Keizan, le successeur de Gikai, deviendra la plus célèbre figure du sōtō après Dōgen, et au début de l'ère moderne, la version du sōtō de Keizan est devenue la seule pratiquée au Japon. Il est finalement décidé que Gien sera le troisième abbé légitime du Eihei-ji — mais on notera qu'il n'eut aucune autre influence dans l'histoire du zen. En fait, au moment où les histoires monastiques furent compilées, on ne se souvenait plus de rien à propos de Gien, sinon de son rôle dans la lutte pour le pouvoir.