Aurobindo Ghose, dit Sri Aurobindo, né le à Calcutta (Raj britannique) et mort le à Pondichéry (Inde française), est un philosophe, poète et écrivain spiritualiste qui a développé une approche nouvelle du yoga. Il fut également un des leaders du mouvement pour l'indépendance de l'Inde. Après ses études en Angleterre (1879-1893) à Cambridge, il retourne en Inde, commence à étudier les grandes traditions de son pays avant de militer pour l'indépendance. En 1907, il fit la rencontre du yogi Vishnu Bhâskar Lélé, venu de Gwalior pour examiner avec lui son intention de yoga activiste. Il organisera avec lui des rencontres spirituelles dans l’Inde occidentale. En 1909, il sort de la prison où il a passé un an pour ses activités indépendantistes. Il était soupçonné d'avoir participé de près ou de loin à des attentats : il reconnaîtra d'ailleurs ultérieurement que sa philosophie spirituelle ne conduit pas à militer pour la non-violence comme celle de Gandhi. Pendant cette année de prison, il dit avoir vécu une série d'expériences spirituelles qui l'auraient conduit à expérimenter des états de conscience au-delà du Nirvana. Dans son livre Jours de prison, Sri Aurobindo explique que rien ne prouve qu'il ait été impliqué dans un attentat. Il ne connaissait même pas la plupart des accusés qu’il rencontra en prison pour la première fois. Trente ans plus tard, aux questions que lui posaient quelques disciples, il répondit : « Je n’étais ni le fondateur, ni le chef du mouvement révolutionnaire... Mon idée était une révolte armée dans l’Inde entière. Ce qu’ils faisaient à cette époque, comme de s’attaquer aux magistrats, etc., était tout à fait puéril. Quand ils se livrèrent par la suite à des actes de terrorisme et au brigandage, cela ne correspondait ni à mes idées ni à mes intentions... » C’est en 1909-10, après son « acquittement », que Sri Aurobindo écrivit pour le journal bengali Suprabhat, sous le titre Kârâkâhinî, une série de sept articles qui relatent certains épisodes de son séjour en prison.