thumb|Caravane de pèlerins, manuscrit des Maqâmât d'Harîrî Schefer. La miniature arabe désigne l'art d'illustrer les livres dans le monde arabe. Après quelques rares créations au , cet art se développe pleinement en Al-Andalus, en Égypte et en Irak à la fin du mais surtout au cours du et développe un style propre. La miniature arabe disparait rapidement et presque totalement à la fin du avec l'extension de l'empire ottoman dans cette région du monde. Le premier manuscrit arabe illustré encore conservé est un ouvrage daté du , il s'agit du Traité sur les étoiles fixes d'Al-Soufi, daté vers 1009 (Bibliothèque Bodléienne, Marsh144). Cet ouvrage d'astronomie a été copié par le fils de l'auteur lui-même, d'après des modèles qui existaient déjà au siècle précédent. Il faut par la suite attendre la fin du pour trouver un essor de la miniature dans le monde arabe, même si de nombreux ouvrages ont sans doute été détruits. Plusieurs raisons expliquent l'apparition de cet art à la fin du et début du . Plusieurs monarques bénéficient d'un long règne, tels que le calife abbasside An-Nasir ou encore le régent puis roi de Mossoul Badr al-Dîn Lou'lou (1218-1259), contribuant à la prospérité de cette région et à l'émergence d'un riche milieu culturel. Il existe par ailleurs dans cette ville une classe de riches marchands susceptibles de commander de tels ouvrages. Les ouvrages encore aujourd'hui conservés correspondent à la fin de cette période de prospérité, la première moitié du . Cette société montre un grand intérêt pour le théâtre et particulièrement pour les marionnettes et le théâtre d'ombres. L'apparence des personnages représentés dans les miniatures rappellent les figurines de ces spectacles. Par ailleurs, l'époque connaît un grand engouement pour les séances ou Maqâmât d'Al-Hariri, des contes mettant en scène un personnage de bouffon à qui il arrive de nombreuses aventures. La conjonction de ces centres d'intérêt peut expliquer la commande de manuscrits illustrés de ce texte.