vignette|Temple des Megorachim Megorachim (מגורשים « renvoyés ») est un terme employé pour désigner les Juifs originaires de la péninsule ibérique arrivés en Afrique du Nord à la suite des persécutions anti-juives de 1391 et à l’expulsion des Juifs d'Espagne en 1492. Ces migrants d’un niveau socio-culturel souvent élevé se différencient des Juifs autochtones, les Tochavim présents en Afrique du Nord depuis l'antiquité, parlant les langues locales (arabe ou berbère) et dont certaines traditions sont influencées par l'islam maghrébin. Les Megorachim vont marquer de leur empreinte le judaïsme nord-africain, y intégrant des traditions venues d'Espagne. Ils finiront par se fondre avec les Toshavim, de sorte qu'il est souvent dans la pratique difficile d'opérer une distinction de nos jours. On désigne souvent les Juifs d'Afrique du nord sous le nom de sépharades, un terme qui met en valeur leurs racines hispaniques ou de Mizrahim qui met l'accent sur leurs traditions orientales. Expulsion des Juifs d'Espagne La première migration est celle qui eut lieu à la suite des persécutions de 1391 en Catalogne, à Valence et dans les îles Baléares. Nombreux sont ceux qui se réfugient sur les côtes nord-africaines, en particulier en Algérie, et parmi eux de prestigieux rabbins tels Isaac ben Chechet ou Shimon ben Tsemah Duran. Sur les ayant quitté l'Espagne en 1492 à la suite du décret de l'Alhambra, la Jewish Encyclopedia estime que rejoignent les côtes de l'Afrique du Nord ; ( au Maroc, en Algérie). D'autres disent cependant qu'il est impossible de réellement estimer combien de juifs ibériques ont trouvé refuge au Maroc et dans le Maghreb. Ces Juifs possédaient leurs propres dirigeants, leurs rabbins et leurs chefs spirituels ainsi que leurs propres minhagim. Ils parlaient les différentes langues de la péninsule ibérique dont ils sont originaires (castillan, aragonais, catalan, galicien) ; une forme judéo-espagnole standardisée, appelée ladino, est longtemps utilisée par la diaspora.