La « Chambre introuvable » est le surnom donné à la première législature de la Chambre des députés des départements, assemblée législative de la Seconde Restauration. Elle est issue des élections législatives de 1815, les et , et comportait une majorité de députés royalistes, dits « ultras ». L'expression « chambre introuvable » est attribuée à , pour exprimer l'idée qu’il n’aurait pu en rêver une aussi favorable à son trône. En fait, le régime va très vite être confronté à cette chambre « plus royaliste que le roi », qui tente d'imposer une orientation contre-révolutionnaire, dont (qui vient de nommer ministre le régicide Fouché) sait qu'elle est vouée à l'échec. La chambre introuvable siège à partir du ; elle est suspendue en et dissoute le , permettant l'établissement d'une assemblée plus libérale. Les élections ont lieu après Waterloo et la chute de Napoléon, durant l’été 1815 où une Terreur blanche se déchaîne contre les bonapartistes et les anciens révolutionnaires dans l’Ouest et encore plus le Midi de la France. La passion religieuse s’ajoute à la passion politique, dressant les catholiques contre les protestants qui avaient trahi le roi en se montrant en grande majorité favorables à la Révolution et à l’Empire. Des bandes royalistes, appelées « verdets » en raison de la cocarde verte que portent leurs membres (le vert est la couleur du comte d’Artois, chef des ultras), s’arment et terrorisent le pays où ils rencontrent de nombreuses sympathies : à Marseille, à la nouvelle de Waterloo, le peuple se soulève et massacre des bonapartistes et d’anciens mamelouks de la garde impériale (25 juin) ; à Toulouse, le général Ramel, qui avait tenté de désarmer les verdets, est assassiné (15 août) ; le maréchal Brune, passant à Avignon, est tué et son cadavre jeté dans le Rhône. thumb|Les députés de la Chambre introuvable. La chambre n’est pas constituée de vieux émigrés désireux de revenir à l’Ancien Régime. Sur les députés qui composent la chambre au début de l’été 1816, on trouve 197 bourgeois d’origine et 8 anoblis de l’Empire, contre seulement 176 nobles de l’Ancien Régime ; il y a 90 anciens émigrés.