thumb|upright=1.2|L'Empire allemand de 1871-1918. En excluant les populations germanophones du multiculturel empire d'Autriche, cette construction géographique représente une solution petite-allemande.|alt=Les limites de l'Empire allemand correspondent aux limites de l'Allemagne actuelle, auxquelles il faut ajouter l'Alsace-Lorraine, toute la moitié nord-ouest de la Pologne actuelle et la Kaliningrad. Lunification de l'Allemagne sous la forme d'un État-nation eut officiellement lieu le dans la galerie des Glaces du château de Versailles, en France. À la suite de la politique d'Otto von Bismarck, les princes allemands s'y rassemblèrent après leur victoire lors de la guerre franco-prussienne pour proclamer Guillaume roi de Prusse empereur allemand du nouvel Empire allemand. Cependant, le processus de rassemblement des populations germanophones d'Europe avait commencé depuis le début du siècle. Le Saint-Empire romain germanique, qui regroupait plus de 300 entités politiques indépendantes, fut effectivement dissous après l'abdication de François II le au cours de la Troisième Coalition menée contre Napoléon Bonaparte. En dépit des bouleversements politiques, administratifs et légaux qui suivirent la fin de l'Empire, les habitants des régions germanophones de l'ancien empire possédaient des traditions linguistiques et culturelles communes qui furent approfondies par leurs expériences partagées lors des guerres de la Révolution française et des campagnes napoléoniennes. Le libéralisme offrait une base intellectuelle pour l'unification en concurrençant les modèles dynastiques et absolutistes d'organisation sociale et politique. Économiquement, la création d'une union douanière prussienne en 1818 devenue le Zollverein (union douanière) en 1834 et son expansion ultérieure aux États de la Confédération germanique réduisirent la compétition entre ces derniers. L'émergence de nouveaux modes de transport facilita le commerce et les rencontres parfois hostiles entre les germanophones d'Europe centrale.