Pour un Juif, l'assimilation (, hitbolelout), est un processus au cours duquel il abandonne tout ou partie de son identité juive au profit des pratiques de sa société d'adoption. Important durant l'Antiquité quand se développe le judaïsme hellénistique, le phénomène devient marginal jusqu’à l’ère moderne car des mesures sont prises pour ségréguer les Juifs des sociétés ambiantes, et l’accès à celles-ci implique le plus souvent d’abandonner le judaïsme. Dès le en revanche, les Lumières et leurs épigones juifs de la Haskala établissent un programme d’acculturation destiné à obtenir ou faciliter l’émancipation des Juifs dans les sociétés occidentales — ce programme s’accompagne d’un abandon massif des pratiques juives voire, parfois, de la société juive. L’assimilation, activement recherchée par ceux qui visent à une plus grande mobilité sociale, est donc rapidement considérée de manière péjorative par les tenants d'une définition sociale ou religieuse du fait juif qui considèrent qu’elle mène à la disparition du peuple juif. La Bible décrivant les débuts du peuple d’Israël, ne s’attarde pas sur leurs caractéristiques culturelles — s’ils mangent à part des Égyptiens, c’est que leur mode de vie pastoral est vu en Égypte comme une abomination. Nombre de prescriptions bibliques ont en revanche parmi d’autres conséquences une forte différentiation ethnique : les Israélites s’abstiennent de consommer le nerf sciatique des bêtes abattues, ne consomment d’ailleurs pas de n’importe quelle chair, et se voient expressément prohiber les unions entre proches pratiquées dans le pays dont ils sont sortis et celui dans lequel ils comptent s’installer. Les unions en dehors d’Israël sont fortement découragées pour des raisons cultuelles avant d’être activement combattues par Ezra et Néhémie. Le phénomène est présent et documenté à toutes les époques. Abigail Franks, juive ashkénaze vivant dans le New-York coloniale du XVIII° se désole, dans la correspondance qu'elle entretient avec son fils, du mariage de sa fille avec l'héritier d'une famille de marchands huguenots.