L'expression religio licita est une notion controversée qui désigne le statut privilégié dont certaines religions auraient bénéficié dans la Rome antique. Il est souvent soutenu que l'Empire romain faisait une différence entre le « légal » (religio licita) et l'« illégal » (religio illicita), et que, par exemple, le judaïsme était une religio licita et le christianisme une religio illicita. Le terme religio licita fait sa première apparition chez Tertullien vers 200, dans son Apologétique, et n'avait apparemment aucune connotation officielle et Tessa Rajak va jusqu'à écrire que c'est Tertullien qui a créé ce terme. Il n'y a aucune preuve que les Romains (lesquels ?) aient parlé du judaïsme comme d'une religio licita et les arguments souvent avancés d'un édit de Jules César le gratifiant de ce statut ne sont pas acceptés par tous. Cet argument est fondé sur le récit de l'historien Flavius Josèphe dans ses Antiquités (14.2111-28) mais rien ne permet d'y voir la concession d'un statut de religio licita. Tant Rajak que Victor Rutgers notent la nature problématique de la preuve tirée de Josèphe. Rutgers écrit que l'État romain n'avait pas de « politique juive ». Les divers édits cités par Josèphe étaient locaux et étaient des règles formulées par des magistrats romains en réponse à des incidents particuliers et à des situations particulières dont ils étaient saisis. Ces édits de tolérance n'étaient pas généraux et applicables à l'ensemble de l'Empire, mais semblent avoir été pris sur une base cité par cité. Quoique les senatus-consultes aient été particuliers par nature, ils servaient aussi de précédents légaux auxquels les empereurs et les gouverneurs pouvaient recourir. Il n'y a pas de preuve non plus (clarification demandée) de l'affirmation souvent soutenue que c'est sous l'empereur Domitien (81-96 ap. JC) que le christianisme devint une religio illicita. En fait, il serait étrange que Domitien ait établi une telle législation alors que le terme n'existait pas et n'était pas utilisé officiellement.