vignette|upright=1.4|Cryptococcus neoformans (espèce ubiquitaire omniprésente dans le monde (pathogène opportuniste pour l'Homme), ici coloré à l'encre de Chine. Un mycète radiotrophe, ou champignon radiotrophe, est un mycète capable d'utiliser les radiations ionisantes pour produire de l'énergie métabolique à l'aide d'un pigment biologique, la mélanine. Bien que des analogies existent avec la biosynthèse des glucides chez les organismes phototrophes, on sait peu de choses du processus biochimique par lequel ces mycètes utilisent la mélanine (pigment antioxydant) pour synthétiser les composés organiques et toutes les biomolécules nécessaires à leur croissance, par exemple s'ils utilisent leurs pigments dans le cadre d'un anabolisme complexe semblable à la photosynthèse ou encore s'ils mettent en œuvre des voies métaboliques analogues à celles des organismes chimiotrophes. La radiotrophie (terme parallèle à phototrophie, mais dans ces deux cas abusif car ces organismes ne « mangent » pas les radiations, ils s'en servent plutôt comme source d'énergie pour notamment digérer les nutriments qu'ils ingèrent par ailleurs) pourrait être un mécanisme ancien et important de l'évolution au moment de l'émergence de la vie hors des eaux, qui aurait aidé les plantes à produire l'oxygène, et les champignons et lichens à survivre aux environnements plus radioactifs de la Terre primitive, certains organismes extrêmophiles pouvant encore survivre dans des environnements radioactifs extrêmes. Certains de ces champignons noirs mélanisés sont des pathogènes opportunistes connus. Leur radiorésistance devrait maintenant être mieux prise en compte lors de l’utilisation du rayonnement gamma pour la stérilisation des aliments par ionisation ou de matériels médicaux, notamment chez des patients immunodéprimés. Les mycètes radiotrophes ont été découverts en 2007 dans des moisissures noires qui se développaient à l'intérieur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.