Le terme ottoman « millet » désigne une communauté religieuse légalement protégée. Il concerne aussi les minorités (voir gens du Livre et dhimmi). Il vient du mot arabe « milla » ou « mellah » (féminin singulier) et « millet » (au pluriel), qui signifie communauté confessionnelle (également parfois nommée « taïfa », طائفة). En turc moderne, « milliyet » signifie nation. thumb|Les « millets » de l'Empire ottoman et de ses vassaux à son apogée (). Le « millet », mis en œuvre par le pouvoir ottoman pour contrôler les populations qui y vivaient, prenait en compte leurs religions organisées dont il nommait ou confirmait les hiérarques. La langue pouvait jouer un rôle, mais c'est d'abord la religion qui définissait le « millet ». Tous les adeptes de l'islam sunnite relevaient du sultan ottoman, « Calife et commandeur des croyants », et formaient un seul « millet », qu'ils fussent d'origine turque, turkmène (yörüks), tatare, kurde, arabe, laze, géorgienne (adjars, kistes, meskhètes), arménienne, juive, grecque, albanaise, serbo-croate, bosniaque, gorane, bulgare (pomaques) ou valaque (moglénites). Dans cet empire, la politique à l'égard des autres « millets » a varié au gré des circonstances, passant de la plus grande tolérance et intégration (les aristocrates byzantins de Constantinople furent ministres, chefs de la flotte, voïvodes dans les principautés chrétiennes vassales) aux plus terribles massacres (les plus connus sont ceux des Arméniens, avec le dernier génocide). thumb|Les langues de l'Empire ottoman et de ses vassaux à son apogée (). L'Empire ottoman vivait selon la loi islamique mais dans une interprétation le plus souvent modérée : celle du hanafisme, la plus ancienne des quatre écoles sunnites (« madhhab ») de droit religieux et de jurisprudence (« fiqh »). Les non-musulmans sunnites y avaient le statut de dhimmis (« zimmi » en turc). Les conversions forcées furent plutôt rares. La grande majorité des conversions s'est faite chez les chrétiens pauvres pour ne plus payer le haraç (double imposition sur les non-musulmans) et ne plus subir la παιδομάζωμα / pédomazoma (enlèvement des enfants) pour les yeni-çeri (janissaires).