Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) ou de Guillain-Barré-Strohl est une maladie auto-immune inflammatoire aiguë du système nerveux périphérique. Elle se manifeste brutalement par une faiblesse musculaire qui prédomine dans les régions proximales des membres, pouvant s'accroître jusqu’à la paralysie. Elle s'accompagne d'une absence ou réduction des réflexes (paralysie flasque), et de troubles sensitifs. Dans la plupart des cas, les personnes atteintes récupèrent en quelques mois, mais il existe des formes graves. Depuis la quasi-disparition de la poliomyélite, le SGB est devenu la première cause de paralysie flasque aiguë dans le monde. De nos jours, il est considéré comme une des principales urgences en neurologie. Le SGB est aussi connu sous les noms suivants : polyneuropathie aiguë inflammatoire démyélinisante ; polyradiculonévrite aiguë idiopathique (PRNA) polynévrite aiguë idiopathique ; paralysie ascendante de Landry. Plusieurs descriptions de cas au pourraient correspondre à des SGB. En 1828, Chomel décrit une épidémie de polynévrites aiguës. Un peu plus tard, Wardrop en 1834 et Ollivier en 1837 signalent quelques autres observations isolées. En 1859, Octave Landry et Adolf Kussmaul décrivent, indépendamment l'un de l'autre, une maladie grave paralysant les jambes, les bras, le cou et les muscles respiratoires (paralysie ascendante de Landry, maladie ou syndrome de Landry). Des observations du même genre se retrouvent dans d'autres pays. En 1891, Quincke découvre la possibilité de prélever et d'analyser le liquide cérébrospinal par ponction lombaire. C'est la première approche biologique directe de ces maladies neurologiques. En 1916, dans un contexte de médecine de guerre, Georges Guillain, Jean Alexandre Barré et André Strohl présentent deux cas de paralysie généralisée transitoire observés chez des soldats, avec une anomalie caractéristique du liquide cérébrospinal : l'élévation anormale du taux de protéines contrastant avec un compte normal de cellules (une particularité à laquelle on donne le nom de « dissociation albumino-cytologique »).