La question linguistique grecque (en γλωσσικό ζήτημα, glossikό zítima) est une controverse qui a opposé les partisans de l’utilisation, comme langue officielle de la Grèce, du grec populaire (ou grec démotique, « δημοτική » [dimotikí] en grec), à ceux qui lui préféraient une version plus savante et proche du grec ancien, la katharévousa (καθαρεύουσα). La question linguistique fut à l'origine de nombreuses polémiques aux et ne fut résolue qu’en 1976, lorsque le démotique fut finalement choisi comme langue officielle de la république hellénique. Alors que le grec démotique est la langue maternelle des Grecs, la katharévousa en est une version archaïsante et « purifiée ». La katharévousa se prononce comme le grec moderne mais elle a adopté des éléments lexicaux et morphologiques propres à la koinè. En voici quelques exemples : La katharévousa a conservé le datif, de nombreux participes et plusieurs temps et modes de conjugaisons du grec ancien. La katharévousa utilise des phonèmes qui n'existent plus en grec moderne. Ainsi, νδρ (en grec ancien : [ndr] mais en katharévousa : [nðr]), φθ (en grec ancien : [phth], en démotique et en katharévousa [fθ]), αυθ (en grec ancien : [auth], en démotique et en katharévousa [afθ]), ευθ (en grec ancien : [euth], en démotique et en katharévousa [ɛfθ]) Alors que le démotique utilise principalement des phrases simples, la katharévousa emploie souvent une syntaxe proche du grec ancien, respectant les règles de l'enclave et du déterminant qui précède le déterminé, et créant ainsi des phrases relativement complexes. La katharévousa a rejeté de nombreux mots issus de la langue populaire car ceux-ci sont d'origine étrangère, souvent turque, italienne ou française. Ces termes ont été remplacés soit par des mots anciens, soit par des néologismes. Parallèlement, des mots issus du grec ancien mais ayant évolué furent archaïsés ou remplacés par leurs équivalents anciens. Le terme ancien « ἰχθύς », poisson, a ainsi remplacé le terme moderne « ψάρι », tandis que la forme archaïsante « εξωκλήσσιον » a remplacé le terme moderne « ξωκλήσι », petite chapelle.
Thibault Lucien Christian Asselborn, Wafa Monia Benkaouar Johal, Thanasis Hadzilacos
Ramya Rasipuram, Marzieh Razavi