LÉtat grec ou État hellénique (en Ελληνική Πολιτεία, Ellinikí Politeía) est un régime fantoche et collaborateur mis en place par l'occupant nazi et fasciste en Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale. Créé en 1941, il lutte activement contre la résistance grecque et dure jusqu'à la libération du pays en 1944. Occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale Après l'invasion de la Grèce par les puissances de l'Axe en 1941, le général républicain Georgios Tsolakoglou est nommé Premier ministre du pays par l'occupant le . Le roi Georges II ayant quitté le territoire avec le gouvernement légitime pour former un gouvernement en exil, le nouveau régime interdit toute référence à la monarchie, dont Tsolakoglou annonce l'abolition, et utilise sur ses documents officiels le nom d'État grec. Même si Tsolakoglou voit dans l'invasion allemande l'opportunité d'abolir la monarchie, son régime collaborateur n'a pas d'orientation politique. La mise en place d'un gouvernement grec collaborateur est considérée comme une nécessité par les forces de l'Axe afin de donner un semblant de légitimité à leur occupation, même si à aucun moment elles ne souhaitent donner un réel pouvoir aux autochtones. Après l'invasion, les infrastructures grecques sont totalement détruites. Les biens matériels et la nourriture sont réquisitionnés par l'occupant. Le gouvernement collaborateur est obligé de payer de lourds « dédommagements » aux puissances occupantes (parce que le pays avait osé leur résister) et de subventionner l'occupation. Dans le même temps, le blocus maritime imposé par les Alliés interdit l'approvisionnement. Dans ces conditions, l'inflation augmente et, durant l'hiver 1941-1942, une « Grande famine » (Μεγάλος Λιμός) cause la mort d'environ personnes. Le gouvernement collaborateur n'ayant aucune légitimité ni les moyens d'administrer le pays, Tsolakoglou demande à l'occupant une plus grande latitude politique et menace bientôt de démissionner. L'exigence des Allemands de mettre en place un service de travail obligatoire précipite la chute du chef de l'État.