thumb|right|Cultures d'Ipotești-Cândești et de Penkovka, auxquelles on identifie les Antes, vers 650. Les Antes (en latin : Antae ; en grec : Áνται) étaient un ensemble de populations qui vécurent aux et dans une vaste région englobant les bassins hydrographiques du bas-Danube, du Dniestr, du Boug méridional, du Dniepr et du Don, dans des territoires formant de nos jours la Roumanie, la Moldavie, l’Ukraine et la Russie centrale et méridionale. On associe, généralement, ces populations à la dont plus de soixante sites ont été identifiés au sud-est de l’Ukraine, notamment aux environs de Tcherkassy, Krementchouk et entre Dnipropetrovsk et Zaporijia. On trouve les Antes mentionnés pour la première fois dans l’histoire en 518. Entre 533 et 545, ils envahirent le diocèse de Thrace, avant de devenir des alliés (foederati) de l’Empire romain d'Orient et de se voir confier un fort du nom de « Turris » (latin pour « tour ») à un endroit stratégique au nord du Danube, afin de protéger les territoires byzantins contre les invasions barbares. À titre d’alliés, les Antes participèrent à diverses campagnes byzantines de 545 à 580. Au début du les Avars de Pannonie attaquèrent et vainquirent les Antes qui disparaissent alors des sources pour laisser place aux Slaves. L’identité des Antes est discutée : ensemble unitaire ou confédération alano-sarmate, roxolane et slave formée au face aux Goths cités par Jordanès ? Dans une perspective protochroniste, les Antes auraient bien été une confédération, mais exclusivement slave, composée des tribus croates, drevliennes, dulèbes, oulitches, polanes, séverianes et tivertses, ayant formé un État unitaire au . Nous ne disposons malheureusement d’aucune source slave contemporaine des Antes. Les premières ont été écrites quelque cinq cents ans après les faits : la « Chronique » de Cosmas de Prague (écrite vers 1120), le Gallus Anonymus (écrit en Pologne vers 1115) et la Chronique des Temps passés (écrite à Kiev vers 1111). Force est donc de se rapporter pour les sources à des auteurs byzantins.
Christina Fragouli, Suhas Diggavi, Mahdi Jafari Siavoshani