vignette|330x330px L’ijtihâd (arabe : ijtihād, ar, effort de réflexion) désigne l'effort de réflexion que les oulémas ou muftis et les musulmans entreprennent pour interpréter les textes fondateurs de l'islam et en déduire le droit musulman ou pour informer le musulman de la nature d'une action (licite, illicite, réprouvée...). Le terme Ijtihâd désignait à l'origine l'effort des plus illustres savants à atteindre les justes avis juridiques. Pour le philosophe indo-pakistanais Mohammed Iqbal, l’Ijtihad signifie . Certains auteurs musulmans ou orientalistes, comme Joseph Schacht (Classicisme et déclin culturel dans l'histoire de l'islam et An introduction to islamic law), ont prétendu que l'Ijtihâd n'a plus cours depuis le de l'Hégire (). En effet, plusieurs siècles d'analyse des sources et de formulation de règles auraient permis de faire le tour de toutes les questions juridiques possibles, de sorte qu'en matière de droit, il n'y aurait plus rien à inventer. Mais plusieurs auteurs récusent cet avis comme étant sans fondement et affirment que l'Ijtihâd est permis à tout savant sunnite ayant atteint le statut de mujtahid par l'acquisition d'un grand savoir en matière d'usul al-fiqh. Par exemple Hervé Bleuchot indique que l'idée d'une fin de l'ijtihad a bien été évoquée par le juriste chaféite Al-Juwaynî au , mais sous la forme d'une interrogation, et non d'un constat. Al-Juwaynî se pose la question : que se passerait-il si le calife était incompétent en matière d'ijtihad ? La créativité d'Al-Juwaynî, puis celle de son élève Al-Ghazâlî, réfute à elle seule l'idée d'une fin de l'ijtihad au . Pour Daoud Riffi, l'idée d'une fin de l'ijtihad est à la fois une erreur historique et une impossibilité théorique. Une erreur historique, puisqu'il cite nombre de mujtahid qui ont renouvelé le droit après le . Surtout, une impossibilité : il n'est pas concevable que, dans des sociétés nécessairement changeantes, de nouveaux problèmes juridiques ne se fassent pas jour, exigeant ainsi une réflexion sur des questions inédites.