Le Rubicon (Rubicone en italien, Rubico en latin) est un petit fleuve côtier du nord de l'Italie, dans la région d'Émilie-Romagne à l'est de la plaine du Pô, qui prend naissance près de la commune de Sogliano al Rubicone. Le Rubicon est un petit torrent long de 35 km de la province de Forlì-Cesena. Il prend sa source en amont de Sogliano al Rubicone, croise la via Emilia à hauteur de Savignano sul Rubicone, et ensuite continue jusqu'à se jeter dans la mer Adriatique au sud de Cesenatico. Selon Michel Pastoureau, le mot latin Rubico viendrait de l'adjectif ruber (rouge) et aurait été choisi durant l'Antiquité pour rappeler la teinte rouge du cours d'eau. C'est à ce fleuve qu'il est fait allusion dans l'expression française « franchir le Rubicon ». À partir de , ce cours d'eau servit de frontière entre l'Italie romaine et la province de Gaule cisalpine ; il avait une résonance toute particulière dans le droit romain car aucun général n'avait l'autorisation de le franchir avec des soldats en armes. La loi protégeait ainsi Rome de menaces militaires internes. Il devint célèbre quand Jules César le traversa avec ses légions en armes le sur les traces de Pompée, violant ainsi la loi du Sénat romain. Si l'on en croit Suétone, il lança en franchissant la rivière la célèbre formule : Alea jacta est, littéralement « les dés sont jetés », parfois traduit par « le sort est jeté » ou « le sort en est jeté ». De cet épisode est née l'expression « franchir le Rubicon » qui a survécu jusqu'à nos jours. Elle évoque une personne se lançant dans une entreprise aux conséquences risquées sans pouvoir faire marche arrière. vignette|gauche|alt=Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en févr 2012|Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en février 2012 D'importantes tractations ont lieu en décembre 50 et janvier 49 entre César et Pompée au sujet du proconsulat de César qui prend fin. Le Sénat, étant majoritairement favorable à Pompée, s'oppose à la prolongation du mandat de César.