Un tell (ou tel) est un site en forme de monticule qui résulte de l'accumulation de matières et de leur érosion sur une longue période, sur un lieu anciennement occupé par les hommes. Il s'agit d'une colline artificielle formée par les différentes couches d'habitations humaines. Les premiers tells apparaissent au début de la Néolithisation au Proche-Orient et en Turquie et certains sont encore occupés aujourd'hui. Le mot tell est emprunté à l'arabe ar (« colline », « monticule »). L'hébreu he signifie de même « colline » ou « pile » (ou « ruine »). Selon Robert David, professeur à l'université de Montréal, un tell se distingue par : 1. élévation aux bords réguliers, 2. isolation dans une plaine, 3. sommet plat, 4. proximité de l'eau. Des tells sont présents en Asie de l'Indus jusqu'au Proche-Orient. En Europe, ils n'apparaissent que dans les Balkans et en Bulgarie. Bien qu'au-delà de ces régions certains sites de plein air se caractérisent par des accumulations de plusieurs dizaines de centimètres de couches archéologiques, ils ne sont pas désignés comme des tells. Les dimensions que peuvent prendre ces derniers sont extrêmement variées. Certains ne mesurent que quelques dizaines de mètres de diamètre et quelques dizaines de centimètres de haut. D'autres mesurent plusieurs centaines de mètres de diamètre et peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut (par exemple Arslantepe en Turquie). En Europe, les tells les plus importants sont Dikili Tash, au nord de la Grèce, et le Tell de Karanovo, en Bulgarie. La Bulgarie actuelle compte plus de 300 tells. Leur processus de formation est assez variable et complexe. Il ne dépend pas strictement des conditions environnementales. Ainsi, on trouve en Serbie des tells dans une région dont le climat est relativement humide par rapport à celui du Proche et du Moyen-Orient. Dans tous les cas, l'accumulation importante de couches archéologiques est liée aux phases de reconstruction successives sur le même lieu pendant plusieurs siècles, parfois plusieurs millénaires.