Le nonce apostolique (de l'italien Nunzio, lui-même du latin nuntius « message » ou « messager ») est un agent diplomatique du Saint-Siège, accrédité comme ambassadeur de ce dernier auprès des États. Conformément à l'usage le plus répandu pour les titres d'ambassadeurs (par exemple : « ambassadeur de Belgique auprès de la fédération de Russie »), le titre de nonce est suivi du pays de la légation, soit en forme courte, soit en forme longue (exemples : « nonce apostolique au Canada » ; « nonce apostolique en France » ou « nonce apostolique auprès de la République française »). La forme longue est la seule officielle. Dans le langage courant, on trouve aussi la référence à la capitale de l'État (par exemple : « nonce apostolique à Berlin »). Historiquement, le terme de nonce est réservé à l'agent diplomatique du Saint-Siège, bien que l'on ait autrefois nommé nonces les députés de la noblesse polonaise dans les diètes. Dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, les papes envoient comme représentants des clercs aux conciles tenus loin de Rome. Ils sont alors qualifiés de « légats ». À partir du , la papauté bénéficie d'un représentant à la cour impériale de Constantinople, l'apocrisiaire. Cette institution devient permanente à partir de 683, sous le pontificat de Léon II. Au Moyen Âge, l'usage des légats a latere se répand. On rencontre alors à partir du l'appellation « légat et nonce » ou encore « nonce et ambassadeur ». La naissance de la diplomatie moderne, dont celle du Saint-Siège, est généralement datée de la fin du , en l'espèce sous les pontificats de Sixte IV et Alexandre VI. Il est difficile de savoir si la nonciature émerge sur le modèle des ambassades permanentes des États, ou si elle naît des collectoreries, circonscriptions territoriales de la fiscalité pontificale. Cependant, dès 1530, il existe des nonciatures permanentes en Espagne, en France, à Venise et dans le Saint Empire. En 1560, peu avant l'ouverture de la troisième session du concile de Trente, Pie IV accorde aux ducs de Toscane et de Savoie des nonciatures, respectivement à Florence et Turin.