Dans la Grèce antique, le terme agôn (en grec ancien , parfois transcrit agōn ou simplement agon) désigne au sens strict toute forme de compétition ou de joute oratoire ; dans les domaines artistiques ou sportifs, l’agôn est un concours organisé à l'occasion de célébrations religieuses. C'est aussi, au sens large, l'esprit de compétition qui anime tant les artistes que leurs commanditaires et les citoyens entre eux. Lagôn est un concept fondamental de la littérature grecque antique. Il caractérise une partie de la comédie grecque antique, celle d'une scène qui présente un débat entre deux personnages soutenant chacun une thèse opposée, par exemple le débat du juste et de l'injuste dans Les Nuées d'Aristophane. De manière plus générale, l’agôn désigne, également dans les tragédies grecques, la scène de débat et de combat. Elle peut être une simple prise de bec comme un débat dialectique en forme, comme c'est le cas dans Les Nuées d'Aristophane, où s'opposent le Raisonnement Juste et le Raisonnement Injuste. Les agôn dramatiques se déroulaient à l’occasion des fêtes en l’honneur de Dionysos (Dionysies et Lénéennes). Homère et Hésiode auraient fait une compétition dramatique pour des funérailles, le roi présent aurait déclaré Hésiode vainqueur car il portait une morale de paix. L'acclamation populaire aurait préféré Homère mais sa narration n'avait pas de morale. Ce concept dispose d'une fécondité importante car il reste utilisé dans la littérature contemporaine. Un exemple plus actuel se trouverait dans Électre de Jean Giraudoux (1937), entre le personnage éponyme et Clytemnestre par rapport à la chute d'Oreste. On remarque que le terme a également été utilisé par les Grecs en rapport avec l'art. Dans le domaine artistique, l'esprit agonistique, le désir de dépassement, pousse les artistes à se distinguer de leurs prédécesseurs et de leurs contemporains en inventant des formes inusitées. Cela stimule l'innovation individuelle, tout comme les commandes qui sont destinées à procurer du prestige au commanditaire, même si celui-ci en fait offrande au dieu.