En phonétique, le terme assibilation (dérivé du latin sibilare : « siffler ») qualifie la modification phonétique d'une consonne dont le résultat est une sifflante. Ce phénomène est fréquent dans le passage du grec commun à l'ionien-attique : un /t/ devant un /i/ ou un /y/ s'est en effet assibilé en /s/ : τύ tú est devenu σύ sú et le suffixe de formation de noms d'action -τι -ti est devenu -σι -si (comme dans κρί-τι-ς, « action de juger, décision », devenu κρί-σι-ς en ionien-attique). Dans certains dialectes du Machreq, la fricative dentale sourde /θ/ ("th" anglais ou "z" espagnol) de l'arabe classique se prononce /s/. Ainsi ثُرَيَّة (signifiant "lustre", "chandelier", "collier de bijoux", "Pléiades") se prononce "soraya", comme dans le prénom persan emprunté à l'arabe. De même, en dialecte égyptien, le nom de la célèbre chanteuse Oum Kalthoum se prononce comme dans sa transcription française "oum kalsoum" et s'écrit أم كلثوم avec cette même fricative. Le suffixe latin -tio s'est transformé dans les langues romanes en sifflantes fricatives (-tion prononcé /sjɔ̃/ en français, -ción en espagnol, -ção en portugais) ou affriquées (-zione en italien, -țiune en roumain) On observe également ce phénomène en français dans la plupart des mots d'origine latine commençant par la syllabe /ka/ dont le /k-/ précédant /-a-/ a évolué vers le son /ʃ-/ à l'exemple du mot "chaise" /ʃɛ:z/, assibilation du mot classique "chaire" /ʃɛ:ʁ/ (du mot latin d'origine grecque "cathedra" signifiant "siège"). C'est une évolution normale et classique du latin vulgaire vers le français. Avant l'assibilation complète du son /k-/ devant /-a-/, a été observée une phase intermédiaire en ancien français dite de palatalisation. Ainsi nous voyions les mots commençant par /ka-/ se prononcer /t͡ʃ-/, ce qui permet d'expliquer les quelques variations dialectales de prononciation subsistantes dans certains mots en particulier dans le domaine d'oïl.