LOde à un rossignol (Ode to a Nightingale en anglais) est un poème de John Keats écrit en . II fait partie de la série dite des six « Odes de 1819 » qui sont publiées dans les Annales des Beaux-arts pour la première fois au mois de juillet 1920. À la différence de nombre de ses poèmes précédents, il s'écarte du ton optimiste de la recherche du plaisir, et explore les thèmes de la nature, du passage (transience en anglais) et de la mortalité, ce dernier aspect particulièrement prégnant chez le poète. Le rossignol décrit par Keats fait l'expérience d'une sorte de mort sans pour autant mourir puisque, oiseau-chanteur, il réussit à vivre à travers son chant, destin dénié aux humains. Le poème finit par reconnaître que le plaisir ne saurait être éternel et que la mort, qui fait partie de la vie, est inévitable. Dans son ode, Keats s'imagine perdre contact avec le monde matériel et se voit mort, comme une motte de terre (sod en anglais) sur laquelle chante l'oiseau. L'intensité du contraste entre ce « rossignol immortel » et l'homme mortel s'accentue par un sursaut de l'imagination bien lisible dans le texte. Beaucoup de critiques encensent lOde à un rossignol pour les thèmes qu'elle aborde, mais lui reprochent sa mollesse de structure, plusieurs digressions l'écartant de son idée phare. Quoi qu'il en soit, comme toutes les grandes odes de Keats, le poème compte parmi les plus beaux et les plus réussis de la langue anglaise et, de ce fait, a régulièrement les honneurs des anthologies. vignette|gauche|upright=0.8|alt=Jeune homme pâle, grands yeux bleus, livre sur la table, menton sur main gauche appuyée sur le coude ; cheveux blonds châtains broussailleux. Veste grise, gilet, cravate blanche peu serrée|John Keats en 1819, par son ami Joseph Severn. Au printemps 1819, John Keats quitte son poste de chirurgien assistant au Guy's Hospital de Southwark () à Londres, pour se consacrer uniquement à la poésie. À l'époque, il a vingt-trois ans et est aux prises avec de sérieuses difficultés financières, encore aggravées par les demandes de son frère cadet George qui, émigré outre-Atlantique, sollicite son aide.