Patañjali (devanāgarī : पतञ्जलि) est un nom célèbre dans l'histoire intellectuelle du monde indien. Ce nom est porté, semble-t-il, par deux érudits distincts. Le premier Patañjali serait le grammairien qui écrit en 200 environ le Mahābhāṣya, « Grand Commentaire » de la « Grammaire en huit parties », la Aṣṭādhyāyī, composée en 400 av. J.-C. environ par le grammairien Pāṇini. Le deuxième Patañjali serait le compilateur réel ou mythique du recueil classique des Yoga Sūtra de date beaucoup plus récente, quelque part entre l'an 300 et l'an 500 . Il aurait aussi écrit le Nataraja stotram, « hymne à Natarâja », Shiva roi de la danse. La tradition hindoue lui attribue la composition du Mahābhāṣya (Grand commentaire) de la grammaire de Pāṇini. Ce commentaire ne fonde pas la grammaire sanskrite, mais fournit une méthode d'interprétation qui servira de modèle à toute la littérature de commentaire de la scolastique sanskrite. Il est composé de longs débats dialogués émanant de plusieurs interlocuteurs soutenant des thèses différentes. Parmi les thèses exposées par le Mahābhāṣya, figure la notion d'akriti analogue à la notion occidentale des universaux. L'akriti est le type général des choses d'une même espèce. La question discutée est de savoir si l'universel (l'élément commun dans la diversité des choses) n'est pas détruit quand elles sont détruites. Patañjali semble adopter avec hésitation l'idéalité et l'indestructibilité des universaux s'opposant au caractère éphémère des individualités concrètes. Le langage ne se rapporte donc pas aux individus passagers mais à des concepts englobant des classes d'objets. Les mots désignent donc les espèces, mais aussi les qualités, les actions et par convention tacite les êtres particuliers au moyen des noms propres. Le langage a donc (excepté les noms propres) un caractère permanent découlant de sa nature conceptuelle et le mot est indépendant de la phonation et des émissions sonores qui l'expriment à l'occasion.