La Légende dorée (Legenda aurea en latin) est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d'environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et, suivant les dates de l'année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Vierge Marie. Si la plupart des saints sont des martyrs de l'Empire romain païen, Jacques de Voragine narre aussi des vies datant de l'Antiquité tardive (Jérôme, Augustin...), du haut Moyen Âge (Léger, Lambert...), voire de siècles proches de la vie de l'auteur (Bernard, François, Dominique...). Pour le médiéviste Philippe Walter, une mythologie chrétienne s'est ainsi constituée, . Cet ouvrage a en effet inspiré prédicateurs et hagiographes du Moyen Âge tandis que les artistes médiévaux ont puisé leurs thèmes iconographiques dans le Speculum majus de Vincent de Beauvais. Jacques de Voragine a puisé dans les textes classiques de la littérature religieuse du Moyen Âge ; leur bibliographie occupe presque trente pages de l'édition critique. On peut signaler en particulier les évangiles apocryphes de Jacques, de Nicodème, le Speculum historiale de Vincent de Beauvais, les œuvres des Pères latins Grégoire de Tours, saint Augustin, saint Jérôme et les Vitæ Patrum, Jean Cassien et de Pères grecs déjà traduits en latin comme saint Jean Chrysostome. Il s'est efforcé de ne pas recourir aux légendes de saints locaux. vignette|gauche|Sainte Anne et les trois Marie (enluminure par Jean Fouquet du Livre d'heures d'Étienne Chevalier, inspirée par la Légende dorée. Initialement intitulée Legenda sanctorum alias Lombardica hystoria, qui signifie littéralement « Ce qui doit être lu des saints ou histoire de la Lombardie », cette œuvre est rapidement appelée Legenda aurea car son contenu, d'une grande valeur, est dit aussi précieux que l'or. Outre les vies de saints, environ 40 % de la Légende dorée est consacré aux explications des fêtes religieuses principales, qui renvoient à la vie du Christ.