Numénius d'Apamée (en latin Numenius Apamensis platonicus, en Νουμήνιος ὁ ἐξ Ἀπαμείας), est un philosophe néopythagoricien ou précurseur du néoplatonisme, né à Apamée (en Syrie), vivant au II s. On le classe aussi parmi les médio-platoniciens. Il a écrit divers livres, dont il ne reste que des fragments : Platon et les Académiciens, Doctrines secrètes de Platon, Sur les nombres, Sur le Bien. Ses écrits étaient discutés dans les séminaires de Plotin. Numénius suivait les idées de Pythagore et de Platon, et prétendait que ce dernier avait beaucoup emprunté aux livres de Moïse, aussi qualifiait-il Platon de « Moïse attique ». On trouve des fragments de Numénius dans Eusèbe et Origène, dans Porphyre et Jamblique. Il propose un retour à la doctrine de Platon, en écartant les Académiciens et en séparant Aristote de Platon, pour rapprocher Platon de Pythagore. Il semble avoir influencé les Oracles chaldaïques, écrits vers 170, par un théurge, mais selon H. Lewy et Eric Dodds, ce serait au contraire, Numénius qui aurait été influencé par les Oracles chaldaïques. Numénius est caractérisé, de façon contradictoire, comme quelqu'un qui veut revenir à l'ancienne Académie de Platon, et, d'un autre côté, comme un penseur donnant une version originale du platonisme, en s'inspirant de Pythagore et des pensées orientales, dont Moïse et les Égyptiens. Il est donc à la fois platonicien, néopythagoricien, et précurseur du néoplatonisme de Plotin. Porphyre, Origène et Eusèbe le classent comme pythagoricien. Toujours est-il qu'il insiste sur l'accord des divers penseurs, au point de dire : (fragment 8). Numénius distingue un Dieu suprême, un Dieu démiurgique et un Intellect pensé. Ces triades sont fréquentes dans le moyen-platonisme. L'Absolu s'appelle l'Un ou le Bien ; il est un Dieu inconnaissable, lieu des Idées. Il engendre un second Dieu, à la fois contemplateur des Idées et créateur du monde. Image du Dieu absolu, ce démiurge communique au monde cette divine image.