Polycarpe, en grec , polykarpos (beaucoup de fruits), né vers 70 et mort (brûlé vif) en 155 ou en 167, était un disciple direct de l'apôtre Jean et second évêque de Smyrne, aujourd'hui Izmir en Turquie. Mort martyr pour la foi, ce saint et Père apostolique est commémoré le 23 février selon le Martyrologe romain. D'après Pionios, un prêtre et martyr du , Polycarpe serait originaire de l'Empire parthe (Perse antique) avant d'être amené jeune garçon à Smyrne par des marchands qui le vendent à une femme noble, nommée Callista. Cette généreuse chrétienne l'élève dans la foi. Héritier des biens de sa mère adoptive, Polycarpe les utilise pour mener une vie chaste, se perfectionner dans la connaissance des Écritures et s'avancer dans la pratique de la piété en prenant soin des malades, des infirmes et des vieillards. Il a plusieurs visions et accomplit certains miracles. Un peu plus tard, il reçoit le diaconat des mains du premier évêque de Smyrne, Boucolos, qui l'attache à son église et lui demande peu avant sa mort de prendre sa suite. De prêtre, il est promu évêque entre 113 et 117, et il remplit les fonctions de son ministère de manière tout apostolique durant une cinquantaine d'années. Polycarpe est un disciple de l'apôtre Jean qui, d'après la tradition, se serait établi vers la fin de sa vie à Éphèse après son exil sur l'île de Patmos, et dont il aurait été libéré après la mort de Domitien. D'après Irénée de Lyon, qui fut l'un des élèves de Polycarpe, ce dernier a connu directement l'apôtre. Outre des entretiens avec lui et un encouragement à devenir évêque, il l'aurait accompagné lors d'un voyage apostolique. Il devient l'un des évêques les plus influents et les plus estimés de son temps, à tel point qu'en 154 il est choisi comme représentant des Églises d'Asie puis envoyé à Rome vers 160 pour discuter avec le pape Anicet de plusieurs points de divergence dont la date de Pâques, déjà sujette à tension entre les chrétiens d'Orient et d'Occident. Ils se séparent sans accord mais « dans l'amitié ».