Khajurâho (खजुराहो, « Khadjouraho ») est un village du Madhya Pradesh en Inde. Avant sa destruction, c'était l'une des capitales de la dynastie des Chandela qui, entre le gouvernait un large royaume englobant presque la totalité du Madhya-Pradesh. Site touristique très visité, sinon le plus visité, de toute l'Inde, il figure au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1986. Il compte encore 22 grands temples des qui ont été très largement préservés des destructions les plus graves au moment de la conquête islamique et au cours des siècles qui ont suivi. La renommée de cet ensemble exceptionnel tient aussi à des scènes de maithuna des couples d'amoureux et à une multitude d'apsaras, êtres célestes ayant l'apparence de jolies femmes aux formes généreuses et aux attitudes pleines de charme, qui couvrent certaines parties des espaces dédiés à la sculpture figurative sur les faces externes des grands temples et bien visibles de tous. Khajurâho se trouve à l'emplacement d'une ancienne capitale du royaume Jijhotî dont parle le pèlerin chinois Xuanzang dans son carnet de voyage. De 950 à 1050, la cité fut aussi la capitale religieuse des Chandela. À son apogée elle couvrait environ . Les rajâ Chandelâ y firent construire de 900 à 1130 un grand complexe de temples, qui en compta jusqu'à 85, mais dont 22 seulement subsistent de nos jours. Ils étaient consacrés aux cultes hindouistes (parmi ceux-ci, le célèbre temple shivaïte Kandarya Mahadeva) et jaïn. Cette fièvre de construction correspond à la résurgence de l'hindouisme à cette période. Elle correspond à l'apogée du style nagara, le style architectural sacré de l'Inde du Nord. L'architecture des temples influencera le modèle développé à Bhubaneswar, mais ici aucune enceinte n'enferme les bâtiments. Ce style nagara est construit autour du sanctuaire de plan carré, qui devint cruciforme avec des transepts de chaque côté et une couverture en forme de pain de sucre, le shikhara. Les premiers à mentionner les temples sont l'érudit Al-Biruni (en 1022) et le voyageur arabe Ibn Battûta (en 1335).