Le Matenadaran (en Մատենադարան , « bibliothèque ») ou Institut Machtots de recherches sur les manuscrits anciens est l'un des plus riches dépôts de manuscrits et de documents au monde. Situé à Erevan, la capitale arménienne, il compte plus de et environ d'archives. Son histoire remonte au et à la création du matenadaran d'Etchmiadzin, que la tradition fait remonter à l'invention de l'alphabet arménien par Mesrop Machtots en 405. Propriété publique et inscrit au registre international Mémoire du monde de l'UNESCO, l'Institut, de par ses missions et ses collections, constitue aujourd'hui « un des lieux essentiels de l'élaboration et de la transmission de la mémoire nationale en Arménie ». Matenadaran, en arménien classique, signifie « bibliothèque » et qualifie un lieu qui sert également de scriptorium ; à ce titre, plusieurs monastères arméniens disposaient de leur propre matenadaran, dont certains subsistent encore, comme à Haghpat ou à Sanahin. thumb|left|Vagharchapat pillée par les Kurdes et les Perses.|alt=Tableau de Grigori Gagarine, représentant une escarmouche de Persans et de Kurdes. L'histoire du Matenadaran moderne remonte, via le matenadaran d'Etchmiadzin (à l'époque Vagharchapat), à 405 et à la création de l'alphabet arménien par Mesrop Machtots, selon la tradition ; Lazare de Pharbe atteste en tout cas de son existence au . Son activité s'intensifie particulièrement à partir de 1441 et du transfert du Catholicossat de Sis à Etchmiadzin. Les attaques dont fait l'objet la ville au mettent toutefois à mal le matenadaran, pillé pour la dernière fois en 1804 ; ce n'est qu'à partir de 1828 et du rattachement de l'Arménie orientale à la Russie que son développement reprend. En 1840 est publié un premier catalogue, préfacé par Marie-Félicité Brosset, répertoriant ; le second catalogue, de 1863, en relève . En 1915 et en conséquence du génocide arménien en cours dans l'Empire ottoman, le matenadaran voit affluer de nombreux manuscrits en provenance d'Arménie occidentale (en particulier du Vaspourakan), mais également de Tabriz en Perse ; en même temps, ses collections sont emmenées à Moscou, par prudence, pour ne revenir qu'en 1922.