vignette|339x339px|"Prolem sine matre creatam". Épigraphe, tirée d'Ovide, à L'esprit des lois. Montesquieu l'a choisie pour souligner l'originalité de son ouvrage. Une épigraphe est, en littérature, une citation placée en tête d'un écrit, en particulier un livre ou une partie d'un livre (un chapitre, par exemple), pour en suggérer le contenu ou l'esprit, et donner ainsi une idée des intentions de l'auteur. Par métonymie, l'épigraphe est souvent appelée « exergue» (étymologiquement, « ce qui est hors de l’œuvre ») mais cet emploi est généralement considéré comme abusif. Si l'on se reporte aux catégories proposées par le théoricien de la littérature Gérard Genette, l'épigraphe appartient au péritexte, c'est-à-dire à l'ensemble des textes qui gravitent « autour du texte » (par exemple le nom de l'auteur, les titres, la préface ou la postface...) et qui, bien qu'ils semblent extérieurs à l’œuvre, en sont pourtant partie intégrante (le péritexte faisant lui-même partie du Paratexte|paratexte). L'épigraphe est généralement placée en tête d'un livre ou d'une partie de ce livre. Plus rarement, on la trouve à la fin du livre, ce qui modifie son rôle : plutôt que de donner des indications allusives sur la lecture à venir, elle conclut alors la lecture qui vient d'être terminée. C'est notamment le cas dans le roman Un roi sans divertissement de Jean Giono, qui se conclut sur une épigraphe faisant office de morale, comme dans une fable : L'épigraphe peut être tirée d'une œuvre d'un autre auteur, ou de l'œuvre où elle figure. vignette|260x260px|L'épigraphe figurant en tête de La peau de chagrin. Il s'agit le plus souvent de texte, même si Gérard Genette donne le contre-exemple de l'épigraphe de La Peau de chagrin, à savoir le paraphe qui figure dans le Tristram Shandy de Thomas Sterne : l'image représente le moulinet tracé en l'air avec sa canne par le caporal Trim pour indiquer ce qu'il pense du mariage et faire l'éloge des célibataires. Historiquement, l'épigraphe trouve ses origines dans la devise d'auteur.