Le suicide est un acte traditionnellement condamné par les doctrines religieuses. En effet, si le fait de se suicider est d'abord un acte contre soi-même, dans certaines conceptions religieuses la destinée de l'homme appartient à Dieu et le suicide constitue alors une rupture dans la relation de l'homme avec la souveraineté de son Dieu. Dans d'autres cas, l'acte est plus simplement considéré comme une action négative. Il existe cependant des nuances à ce rejet global du suicide quand la notion de sacrifice ou d'honneur entre en jeu. La Bible hébraïque fait le récit ou la mention de plusieurs morts par le suicide : les juges Abimélech (Juges, IX, 54) et Samson (Juges, XVI, 26-30), le roi Saül et son porteur d'armes (1 Samuel, XXXI, 4-6), Achitophel, conseiller de David qu'il trahit (2 Samuel, XVII, 23), le roi Zimri (1 Rois, XVI, 18). Parmi livres deutérocanoniques, ceux des Maccabées relatent deux suicides : celui d'Éléazar, petit frère de Judas Maccabée (1 Maccabées, VI, 42-46), et celui de Razis, un des Anciens d'Israël (2 Maccabées, XIV, 37-46). Rien ne dit que les narrateurs désapprouvaient les suicides, qui ne font l'objet d'aucun jugement, d'autant que celui de Samson est l'accomplissement de sa dernière prière à Dieu (mourir tout en faisant périr les Philistins idolâtres). La mort de Zimri est la cause des péchés qu'il avait commis, et l'acte du suicide en lui-même n'est pas commenté. Au temps où apparaît une croyance en la résurrection, le suicide oblatif d'Éléazar et celui de Razis sont loués par le texte. Selon une opinion générale, la prohibition de l'homicide dans le Livre de l'Exode (XX, 13) inclut l'interdiction du suicide ; cependant, la Loi mosaïque ne le juge pas explicitement. Dans d'autres textes, si plusieurs Proverbes appellent à choisir la vie plutôt que la mort (XI, 19 ; XII, 28 ; XIII, 14 ; etc.), un des proverbes (XXXI, 4-7) dit de rendre ivre les agonisants à des fins thérapeutiques, selon une interprétation. Pour l'Ecclésiaste (IV, 1-3), la mort est inévitable .