La renaissance de l'eau-forte couvre une période dans l'histoire de l'art qui va de 1850 à 1930, caractérisée par un intérêt croissant des créateurs, marchands, collectionneurs, pour le procédé de l'eau-forte et les représentations originales qui en découlent sous la forme d'estampes. Eau-forte L'eau-forte est un procédé de gravure en taille-douce sur métal qui, avec la pointe sèche, remonte à la fin du . Durant près de trois siècles, elle permit de produire de nombreuses images originales ou d'interprétation, et de les diffuser à une centaine d'exemplaires chacune. Le sommet de cet art est sans doute atteint par les estampes conçues par Rembrandt et Piranèse, respectivement au et au . Avec l'introduction de la lithographie au tout début du , le procédé connaît une éclipse, tandis que, de son côté, la xylographie et le burin permettent de produire rapidement et à moindre coût des images destinées aux périodiques (comme les journaux et fascicules illustrés), ou aux ouvrages de littérature populaire, et ce, à une époque où la presse et la mécanisation sont en plein essor. Même si la lithographie permet bientôt l'emploi de la couleur selon un procédé assez laborieux et lourd, l'eau-forte va demeurer l'endroit de production de représentations originales, regardé comme un procédé moins utilitaire, dont vont s'emparer à nouveau les peintres entre 1830 et 1850, face aux productions plus commerciales. Ils l'investissent car ils y trouvent les moyens d'une expression, d'un geste, d'un crayon, plus libres et singuliers : se faisant, ils répondent à une demande du marché de l'art, qui va aller croissante. Les principaux pays où se manifeste cette renaissance sont l'Angleterre, la Belgique, la France, les États-Unis (Boston et New York), l'Italie, les Pays-Bas, la Suisse, et plus tardivement, l'Allemagne et la Scandinavie.