En linguistique, on appelle vocatif le cas grammatical exprimant l'interpellation directe ou l'invocation d'une personne (ou d'une chose) au moyen d'un appellatif (nom propre ou terme d'adresse). Le vocatif marque, en quelque sorte, l'apostrophe. Dans les langues à déclinaison, cet appellatif prend la marque du vocatif. En français, l'utilisation des pronoms "moi" ou "toi" en début de phrase est un reste du vocatif ("moi, je dis ça, je ne dis rien"). Se différenciant du pronom nominatif ("je" ou "tu") qui reste le sujet du verbe de la phrase, ces pronoms vocatifs permettent la mise en avant du sujet. Le français utilise parfois une tournure assimilable au vocatif avec le préfixe "Ô" ou "Oh" : Ô seigneur ! Dans les langues indo-européennes flexionnelles, le vocatif se caractérise par une absence de désinence propre : soit c'est la voyelle thématique (un suffixe se plaçant avant les désinences dans ce que l'on nomme généralement la seconde déclinaison en latin et en grec) qui prend le timbre [e] au lieu du [o] habituel et qui n'est suivie d'aucune désinence, soit c'est celle du nominatif qui est reprise telle quelle, souvent sans allongement (comme dans toutes les déclinaisons latines, sauf la seconde citée précédemment). Ainsi, le nom du loup en indo-européen est un nom thématique. Son nominatif est le suivant : indo-européen : *wl̥kw- (radical) + -o- (voyelle thématique) + -s (désinence de nominatif) ; Cela correspond, dans les langues-filles, à latin : lupus, qui s'analyse bien lup-u-s ; grec : λύκ-ο-ς (lúk-o-s) ; sanskrit : vr̥k-a-s. Au vocatif, la voyelle thématique prend le timbre [e] et n'est suivie d'aucune désinence : indo-européen *wl̥kw- + -e- +Ø. Soit : latin : lup-e-Ø ; grec ancien : λύκ-ε (lúk-e-Ø) ; sanskrit : vr̥k-a-Ø. Dans les langues indo-européennes le vocatif n'a donc pas de désinence, ce que l'on pourrait aussi démontrer avec des déclinaisons non thématiques, dans lesquelles, cependant, l'allongement de la désinence du nominatif peut être annulé au vocatif (ce qui, en soi, ne constitue toujours pas une désinence mais une absence de désinence).
Michel Bierlaire, Aurélie Glerum, Bilge Atasoy, Alberto Monticone
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