Le papier d'amate (de l'espagnol , lui-même du nahuatl ) désigne une sorte de papier fabriqué à partir de fibres végétales, en usage dans les cultures mésoaméricaines. Par extension il désigne aussi les livres ou codices fabriqués à partir de ce papier. Les Mayas utilisaient un mot qui leur était propre, , qui, à l'instar du mot nahuatl, peut désigner le papier ou le livre. Sur la base des écrits du chroniqueur espagnol Motolinia, on a longtemps cru à tort que le papier était fabriqué à partir de fibres de maguey. En 1910, le professeur Rudolph Schwede procéda à un examen au microscope des pages du Codex de Dresde et il apparut que le papier provenait du liber de l'écorce de ficus. La chose fut confirmée ultérieurement par l'examen des trois autres codices mésoaméricains, le Codex de Paris, le Codex de Madrid et le Codex maya de Mexico. La fabrication du papier d'amate s'effectue en séparant l'écorce extérieure du ficus de son écorce intérieure. Cette dernière est mise à tremper, bouillie dans de l'eau additionnée de chaux ou de soude - un procédé appelé nixtamalisation - et ensuite rincée. Les fibres ainsi obtenues sont disposées sur une surface dure, croisées en double épaisseur. On les bat ensuite avec une pierre striée jusqu'à ce qu'elles soient homogénéisées. Comme la surface est rugueuse, on l'enduit ensuite d'une couche de chaux ou d'amidon de façon à obtenir une surface propre à être peinte. Dans les cultures mésoaméricaines le papier servait à des fins rituelles. Imbibé de sang, de copal ou de caoutchouc, on le brûlait à titre d'offrande, une pratique que l'on peut par exemple observer sur les linteaux 15, 17 et 24 de la cité maya de Yaxchilan à l'Époque classique. Le Dominicain espagnol Bernardino de Sahagún décrit une version simplifiée de ce type de rituel chez les Aztèques à l'Époque postclassique, lors du retour d'expédition d'un marchand : « ... Il se mettait en mesure, lorsque minuit était venu, de couper des papiers, afin de les offrir en reconnaissance du secours que les dieux leur avaient donné pour le succès de leur voyage.