L’apocatastase (du ἀποκατάστασις / Apocatastasis, « rétablissement ») désigne en métaphysique et théologie la restauration finale de toutes choses en leur état d'origine. Ce concept a été développé par les stoïciens et repris par une partie de la philosophie chrétienne. L'apocatastase désigne, au sens large, la restauration de l'état initial à la fin d'un cycle. Le concept vient du mot grec apocatastasis, qui signifie le rétablissement, la reconstitution, ou la restauration dans l'état primordial ou original. La notion a été diversement définie selon qu'elle est utilisée par des platoniciens ou des écrits religieux apocalyptiques. Le terme est surtout connu pour ses développements dans la théologie chrétienne où il se rapporte en premier lieu à des positions sur la restauration finale de toutes choses en Dieu, développées à partir du Traité des principes d'Origène. Il n'y désigne pas uniquement des positions condamnées, mais peut aussi servir à intituler des hypothèses ou conjectures théologiques (théologoumènes) sur les fins dernières et la restauration de toutes choses en Christ ou en Dieu. Parler d'apocatastase, c'est, dans un langage simple, se demander si « tout le monde ira au paradis », ou bien, selon la question posée par Hans Urs von Balthasar, si l'enfer est vide. Considérée comme un théologoumène, l'apocatastase est tenue pour relever d'un questionnement juste et pertinent, mais auquel il est impossible d'apporter des réponses certaines et qui, à ce titre, ne relève pas du dogme ou de l'orthodoxie. Ce qui empêche le théologien chrétien de se prononcer sur l'apocatastase est que le questionnement dont relève cette notion porte sur le problème du salut, problème qui, par ailleurs, relève du jugement de Dieu. Pour un chrétien, il semble donc impossible d'y répondre sans se substituer à Dieu et à son jugement. L'apocatastase s'accompagne parfois de la doctrine de la réconciliation universelle selon laquelle tous les êtres humains seront sauvés de la damnation éternelle, ou de l'annihilation en enfer.