Maurice Gross, né le à Sedan et décédé le à Ennery, est un linguiste français qui a développé à partir de la fin des années 1960 le lexique-grammaire, une méthode et une pratique effective de description formelle des langues. Maurice Gross travaille à la traduction automatique à l'École polytechnique sans aucune formation préalable en linguistique, et entre ainsi en 1961 comme boursier à Harvard, ce qui lui permet de fréquenter le MIT et de faire la connaissance de Noam Chomsky et de Marcel-Paul Schützenberger. De retour en France, il fait de la recherche en informatique au CNRS. En 1964, il repart aux États-Unis, cette fois à l'Université de Pennsylvanie à l'invitation de Zellig Harris, avec qui il va collaborer pendant deux ans, et qu'il considèrera par la suite comme son mentor en matière de linguistique. En 1967, à la Sorbonne, il soutient sa thèse de troisième cycle intitulée L'Analyse formelle comparée des complétives en français et en anglais et va enseigner en faculté à Aix-en-Provence, où il connait . En 1969, il soutient sa thèse de doctorat d'État intitulée Lexique des constructions complétives (Université Paris 7), publiée sous le titre Méthodes en syntaxe (Paris : Hermann, 1975), et est élu professeur à l'Université de Vincennes (future Paris VIII), puis en 1975 à l'Université de Paris VII. Il fonde en 1968 le Laboratoire d'Automatique Documentaire et Linguistique (LADL, au CNRS), et en 1977, la revue Lingvisticae Investigationes. Il donne la priorité à des principes de rigueur méthodologique : respect des faits, observation empirique, recensement exhaustif, reproductibilité des expériences. Avec son laboratoire, il décrit systématiquement les phrases simples du français, réalisant un dictionnaire fondé sur la syntaxe, qui met en évidence les propriétés saillantes des mots afin de faciliter leur analyse syntaxique et leur étiquetage grammatical, et qui constitue ainsi un classement raisonné et détaillé de la plupart des unités linguistiques du français.
Pierre Dillenbourg, Nicolas Nova