Les lois fondamentales d’Israël sont une série de lois à caractère constitutionnel adoptées par la Knesset. Ces lois ne peuvent être remises en question sans un vote à la majorité absolue. À l'instar du Royaume-Uni ou de la Nouvelle-Zélande (qui n'ont pas de constitution codifiée) et du Canada et de l'Autriche, l'État d’Israël n'a pas de constitution unifiée. Bien que la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 annonçât l'existence d'une Constitution devant « être adoptée par une Assemblée constituante [avant] le », les dissensions entre les religieux et les laïcs empêchèrent la rédaction d’un texte constitutionnel unique. Le Premier ministre David Ben Gourion engagea l’Assemblée (Knesset) à ne pas achever ses travaux constitutionnels avant le retour des Juifs du monde entier dans leur patrie. Selon certains historiens, il souhaitait également repousser l’introduction de pouvoirs susceptibles de s’opposer aux siens. Une partie des Juifs religieux rejetait l’idée d’un document qui aurait pour l’État une autorité supérieure aux textes religieux comme la Torah, le Tanakh ou le Choulhan Aroukh. Au début des années 1990, le chef du Shass, Aryé Dery, déclarait encore que si les Dix Commandements lui étaient présentés comme un projet de constitution, il refuserait de les signer. Le , la première Knesset trouva un compromis avec la résolution Harari : plutôt que de rédiger immédiatement une Constitution complète, elle chargea son comité de la constitution, des lois et de la justice d’adopter le document chapitre par chapitre. Chacun entrerait en vigueur avec le caractère de loi fondamentale et ils seraient assemblés en une Constitution après l’adoption du dernier. Entre 1958 à 1988, neuf lois fondamentales furent adoptées relatives à l’organisation des institutions politiques. En 1992, la Knesset adopta les deux premières relatives aux droits fondamentaux, ce qui permit par la suite à la Cour suprême d’Israël de se déclarer compétente en matière de contrôle de constitutionnalité.